A la découverte de Penne
Le Village
Le vieux village, entouré de ses faux bourgs (La
Peyrière à l’ouest, Tamarit
à l’est)
inaccessible aux voitures, a gardé presque intacte la
mémoire de son passé
qu’évoquent de nos
jours les noms des rues. Il suffit pour s’en rendre compte de
parcourir le dédale de ses ruelles avec ses passages
couverts,
ses maisons à colombages, en pierre ou en torchis. Au hasard
d’une promenade, le visiteur pourra
découvrir :
- l’église, dédiée
à Sainte
Catherine. Construite fin XIII° ou début
XIV° s.,
ce fut au Moyen Age, en même temps qu’une maison de
prière, une forteresse gothique dominant le ravin
(aujourd’hui comblé) et un refuge capable
d’abriter
la population. Aussi l’effort défensif a-t-il
été porté non seulement sur le chevet
et le
clocher mais dans tout le corps de l’église. La
façade et les murs sont caractérisés
par leur
nudité afin de ne laisser aucun point d’appui
à
l’attaque ennemie.
Sa disposition est contraire aux usages sacrés car
le chevet
à trois pans a été
transformé en porte
d’entrée principale au XIX°
siècle.
L’entrée primitive, obstruée, se voit
encore au
fond de l’église. A
l’intérieur sont
aménagées quatre chapelles. L’ancien
chœur a
gardé ses colonnettes. On remarquera le bénitier
gothique
et sa « grenouille »
gravée à
l’intérieur. Ce bénitier provient
d’une
colonne de la chapelle Sainte marguerite du château et
d’un
chapiteau dont l’évasement supérieur en
section
carrée a été
découpé et
creusé en cuvette.
- la Maison dite des Hospitaliers de Saint Jean de
Jérusalem (rue du même nom).
- la Tour, ancienne demeure des gouverneurs du
château (rue Jean et Aimeric de Collet).
- la Croix de la Peste et son inscription sur le
socle : A
PESTE LIBERA NOS DOMINE (De la Peste, libère-nous,
Seigneur),
souvenir de la Grande Peste de 1653.
- les anciennes mesures à grain,
aujourd’hui incorporées verticalement dans un mur
(place du même nom).
- de très belles et anciennes figurines
sculptées ou
de réemploi (à l’entrée de
la rue Sainte
Catherine, sur la façade de l’église,
Place des
Mesures, rue de Roquafort, rue des Cordiers…)
- de nombreux écussons portant le monogramme du
Christ (IHS)
(impasse Maffre Arvengas, rue des Hospitaliers, rue Jean et Aimeric de
Collet…) ou évoquant des corps de
métiers (place
Alexandre Viguier, chemin des ortalines…)
- des portes romanes (Place des Anciennes Mesures, rue des
Cordiers…)
- les encadrements de portes de maisons
(XV°, XVI°s.)
en accolades, reconstruites sur les anciennes fondations
féodales à meurtrières.
- des fenêtres encadrées
d’anneaux de fer ou
sarcets (Place des Anciennes Mesures, rue Bernard et Olivier de
Penne…). Ces anneaux servaient à supporter des
perches
auxquelles les habitants suspendaient des toiles pour pavoiser
l’édifice le jour de la Fête Dieu.
Les trois portes fortifiées du
village
La Porte du Pont, (place de l’église) en
tiers point,
surmontée d’une pierre sculptée portant
les armes
de la ville, une plume. Elle était autrefois
doublée
à quelques mètres d’une seconde porte.
Ces deux
portes étaient en bois, toutes deux à deux
battants,
pivotant autour de gonds en fer qui existent encore scellés
dans
le mur de la première. Entre les deux, un corps-de-garde et
un
passage couvert renforçaient la défense. Au
sommet, une
tour fortifiée d’appareil régulier
porte quatre
consoles, des mâchicoulis, surmontés de la
tourelle de
l’horloge.
La porte Méjane (porte du Milieu) qui donnait sur le
faubourg de
la Peyrière.
La porte Peyrière (Porte de la Carrière)
à
l’entrée du village (côté
ouest). On
remarquera les trous barriers. La fermeture des deux portes
était assurée par une traverse en bois qui
s’appuyait sur un épaulement pratiqué
dans le mur
de droite.
- Notons encore (sans clore la liste) un passage couvert (rue
de
Roquafort), des boutiques avec leur porte en ogive, des marques de
tailleurs de pierre sur les façades… sans
oublier, au
pied du village, le pont roman qui enjambe le ruisseau de Cap de Biau
(tête de bœuf) et l’ancienne fontaine du
Thouron et
son inscription latine indéchiffrable.